Les terrains étant de plus en plus petits, pour les jardiniers, les plantes
grimpantes sont de plus en plus appréciées. Si on connaît
depuis longtemps les clématites (Clematis), la vigne vierge (Parthenocissus),
le chèvrefeuille grimpant (Lonicera ‘Dropmore Scarlet) et l’hydrangée
grimpante (Hydrangea petiolaris), il faut savoir que de nombreuses espèces
et variétés, vivaces et annuelles, se sont ajoutées au fil
des ans.
Les grimpantes annuelles offrent plusieurs avantages sur les espèces
vivaces: elles sont plus florifères et s’implantent plus rapidement.
Elles croissent aussi beaucoup plus vigoureusement. Tout comme les autres annuelles,
elles fleurissent sans répit tout au long de l’été
et offrent la possibilité de varier d’une année à
l’autre. Elles coûtent généralement moins cher et
elles s’adaptent bien à la culture en pots et comblent des besoins
réels sur les balcons, les terrasses et dans les petits jardins.
Les grimpantes vendues comme annuelles dans les jardineries sont en fait des
plantes annuelles ou vivaces, herbacées ou ligneuses, généralement
molles, souples et peu ramifiées. Pour s’élever, elles empruntent
principalement deux moyens: la tige et (ou) le pétiole volubile et les
vrilles. Dans le premier cas, la tête de la tige s’élève
verticalement et cherche un support par des mouvements de torsion; aussitôt
le contact établi, elle s’enroule autour de lui. Par exemple, le
liseron fait le tour de son support en deux heures. D’autres grimpantes
sont munies de vrilles, de petits organes spiralés qui, lorsqu’ils
sont tendres, s’enroulent autour du support et resserrent leur étreinte
au fur et à mesure que les vrilles vieillissent et durcissent.
Des plantes faciles
En général, les plantes grimpantes annuelles sont faciles à
cultiver. Elles exigent un entretien minimal qui consiste principalement à
pincer les pousses pour provoquer la ramification du plant. Des arrosages fréquents
et une fertilisation régulière sont indispensables. De plus, elles
sont résistantes aux insectes et aux maladies. À titre préventif,
on peut toujours vaporiser un savon insecticide au début de juin: une
période critique pour le développement des insectes et des maladies
fongiques. Surtout, on prendra soin de les acclimater graduellement avant de
les mettre en plein soleil.
Belles et bonnes
Il y a quelques semaines, j’ai consacré mon billet aux ipomées,
certainement les plus connues des jardiniers (www.jardinage.net/aujardin/?id=805).
Cette semaine, j’ai envie de vous parler d’espèces toutes
aussi appréciables pour leurs fleurs, mais aussi pour leurs fruits décoratifs
ou comestibles.
La cobée (Cobaea scandens)
Son nom anglais «Cup and Saucer Vine» décrit bien la fleur:
un calice vert tendre aux segments largement ouverts, d’où émerge
une corolle en forme de clochette, d’abord vert pâle, à l’odeur
de musc, puis violet et pourpre, au parfum plus nuancé de miel. Elle
fleurit de la mi-juillet jusqu’aux gelées. Les feuilles elliptiques
sont reliées à des tiges grêles et volubiles qui s’allongent
jusqu’à 6 m et s’accrochent – plus aisément
lorsqu’elles sont matures – à tout ce qui peut les soutenir:
fil de métal, treillis, clôture, etc.
Elle pousse dans un sol riche et bien drainé, au soleil ou à la
mi-ombre. Un espacement de 60 cm entre les plants procure un écran dense
et opaque. Les feuilles ont tendance à transpirer et le plant nécessite
des arrosages abondants. Cultivée en pot, elle ne dépasse généralement
pas 2 m. Il faut éviter une fertilisation trop riche en azote, ce qui
accentue la feuillaison au détriment de la floraison. Sensible aux pucerons,
traitez le plant avec un savon insecticide dès l’apparition des
insectes. La variété ‘Alba’ produit des fleurs blanches.
La dolique (Lablab purpureus)
On la connaît mieux sous l’ancienne appellation Dolichos. Cette
légumineuse facile à germer est de croissance vigoureuse. Elle
est attrayante dans toutes ses parties: un feuillage trilobé veiné
de pourpre, des fleurs odorantes rose pourpré semblables à celles
des pois, et une fructification comestible sous forme de fèves luisantes
également pourpres, très utilisées dans la cuisine indienne.
Elle préfère les endroits chauds et ensoleillés, les sols
fertiles, légèrement humides et bien drainés. Les tiges
volubiles s’enroulent autour du support sur une distance de 7 à
10 m. Le risque de gel passé, on peut la semer directement au jardin,
mais on obtient un effet plus rapide et plus soutenu si on les sème d’abord
à l’intérieur en avril et qu’on les repique en pleine
terre par groupes de trois.
Les capucines (Tropaeolum sp.)
Les capucines grimpantes s’attachent au support par le pétiole
enroulant de leurs feuilles. On les utilise aussi bien en pleine terre sur un
treillis, que sur la terrasse en pots et en paniers suspendus d’où
elles retombent en une gerbe débordante. Les fleurs, les tiges et les
feuilles sont comestibles et décorent l’assiette tout autant que
le jardin. Mes préférées.
Originaire d’Amérique du Sud, cette capucine (Tropaeolum majus)
appelée «cresson des Indiens» se caractérise par des
tiges de 2,5 m de long et d’abondantes fleurs rouges, orangées
ou jaunes, de 7 cm de diamètre, qui s’épanouissent de juin
à octobre. Elle fleurit mieux au soleil et s’adapte à tous
les sols bien qu’elle les préfère riches et bien drainés.
Les feuilles peltées, à cinq lobes, se développent vigoureusement
et peuvent supplanter la floraison si la plante est fertilisée avec un
engrais trop riche en azote.
Moins connue, le canari grimpant (Tropaeolum peregrinum) croit rapidement jusqu’à
3,5 m et se distingue par des fleurs jaune vif, aux pétales effilochés,
au parfum agréable et à de grandes feuilles vert grisâtre
profondément lobées.
Atteignant jusqu’à 3 m, cette capucine (Tropaeolum speciosum)
porte des feuilles profondément lobées, des fleurs rouges et des
fruits bleus. À l’instar des clématites, la base des tiges
doit être protégée du soleil direct. Elle préfère
un sol acide.
Une courge rampante (Cucurbita pepo) qui peut s’accrocher à un
support par les vrilles de ses tiges. De croissance vigoureuse, elle exige un
espace suffisant pour contenir ses 10 mètres de longueur. Ses très
larges feuilles exsudent abondamment et réclament des arrosages abondants.
Les fleurs jaunes, semblables à celles des zucchinis, décorent
le jardin jusqu’à ce que les fruits apparaissent, suspendus aux
clôtures, dans des tons de vert, de jaune et d’orangé, en
formes d’orange, de poire, de pomme, de bouteille ou de turban. L’affection
que lui portent certains insectes oblige à des soins particuliers pour
maintenir la santé de la plante. Elle préfère un sol riche
et bien drainé.
Les tiges volubiles du haricot d’Espagne (Phaseolus coccineus) portent,
de juin à septembre, des feuilles vertes à trois folioles et des
fleurs rouges en grappes. Se fixant rapidement au support, les tiges s’étirent
sur près de 4 mètres pour couvrir rapidement des surfaces disgracieuses.
Les gousses, longues de 30 cm et très décoratives, enserrent des
pois comestibles pourpres marbrés de rose. Le haricot d’Espagne
pousse en plein soleil, dans un sol riche, meuble et profond, et se prête
bien à la culture en pots. Sensible aux pucerons et aux maladies fongiques,
des traitements préventifs réguliers sont recommandés.
Il existe aussi des variétés à fleurs blanches, roses ou
bicolores.